Ce n’est pas pour planter des choux, mais presque …
La mode de l’éthologie, du pied nu, de l’homéopathie pour
chevaux, et l’ostéopathie équine…
Chaque mode n’a absolument rien inventé, mais trouve par
contre un grand intérêt dans le fait d’être très lucrative !
Au début de la « démocratisation » de
l’équitation, quand, de militaire, elle est devenue sportive et civile… avant
de devenir un loisir, au début de cette ère nouvelle pour notre sport, les
pratiquants, d’un niveau social aisé, ne s’intéressaient pas du tout à ce qui
entourait la pratique elle-même, à savoir : préparer son cheval, savoir
s’en approcher, savoir quels soins faire, savoir seller et brider, comment un
cheval fonctionne et vit. Ils ne s’intéressaient à rien, ni à ce que le cheval
mangeait, de quels vaccins il avait besoin, quelle était sa ferrure, quand
fallait-il la renouveler, en existe-t-il des différentes, comment reconnaitre
et soigner une plaie…
Consommer des heures où les fesses sont placées dans une
selle… et pour le reste … le moins possible. Le jeu est bien joué par les
centres équestres : les heures s’enchainent, les chevaux sont prêts d’une
heure sur l’autre, les professionnels prennent en charge tout le quotidien des
chevaux même ceux des propriétaires : quel aliment, quelle ration, quel
matériel… Les centres équestres savent, mais s’adaptent et ne proposent pas ce
que les gens ne veulent pas consommer, c'est-à-dire tout la théorie et la
pratique à pied.
Et la roue tourne. Les gens veulent maintenant retourner à
la nature. Sport de plein air par excellence, l’équitation séduit toutes les
tranches sociales, chacun ayant même actuellement la possibilité de devenir
propriétaire en récupérant pour le prix de la viande les chevaux reformés des
courses de galop ou de trot, et de le déposer dans un pré, solution fort
économique.
Des anciens cavaliers de clubs, qui n’ont jamais appris à
éduquer un cheval, aux propriétaires tout neuf qui prennent cet herbivore pour
un gros nounours, les problèmes commencent : des problèmes
comportementaux, des problèmes d’éducation, des problèmes techniques, des
problèmes de santé… Ces propriétaires ne se tournent évidemment pas vers les
professionnels de la filière pour les résoudre, jugés brutaux sur quelques
mauvais exemples, ou bien carrément incapables
d’avoir la solution, simplement parce qu’ils ne présentent alors pas cet enseignement
dans la filière fédérale de l’époque. Ou bien, il faut lire.
Oh magie, la promesse américaine débarque en chuchotant, avec
des démonstrations révolutionnaires et surtout spectaculaires, et résout avec un
tour de « carotte-stick » tous les problèmes.
L’animal a pris une place prépondérante dans la vie de tous
les jours, et même dans la vie familiale, il est devenu l’objet de toutes les
attentions, bonnes et mauvaises habitudes. La clientèle ne manque donc pas pour
ces savants « éthologues » qui s’approprient à grand renfort de
marketing un marché foisonnant ! Même la fédération tombe dans le panneau.
Au lieu de défendre notre patrimoine culturel et équestre, représenté par les
grands maitres d’équitation européens, humbles, sensibles et à l’écoute du
cheval, les instances de la discipline ont préféré jouer sur la vague à la mode :
création de galops à toutes les sauces, création de diplômes et de brevets,
dont les passages sont évidemment toujours lucratifs.
De la même façon, cela fait des décennies que des chevaux de
loisirs vivent au pré avec un parage de « pâture » fait par un
maréchal ferrant. Sans contrainte supplémentaire ces chevaux sont tout à fait capables
de travailler sans boiter. La plupart des propriétaires sont absents pendant le
travail du maréchal, portant peu d’intérêt aux sabots de leurs équidés en
dehors du curage quotidien, du moment qu’ils peuvent se servir du cheval, et
ils s’en servent ! Par quelle supercherie les pareurs pieds nus (PN) en
sont arrivés à nous faire croire qu’il fallait absolument que le petit pur
sang, le grand trotteur, le Camargue et le shetland aient des pieds de
MUSTANG ??? Grâce à une pseudo-philosophie diabolisant le fer et prônant
un retour aux sources, à la nature, à la vraie nature, la leur… Les PN n’ont rien inventé, ils vendent juste
un discours, et font parfois plus mal que les maréchaux, leur formation étant
bien souvent très succincte. Certains vanteraient d’avoir eu une formation
sérieuse. Ce ne sont que des pareurs de la petite semaine, exerçant par
ailleurs un autre métier, ils voudraient nous faire croire qu’en amateur, leurs
connaissances dépassent celles de « pro », et que leur
expérience limitée est également meilleure.
Les PN ont même décrété qu’eux seuls avaient une véritable approche
holistique du cheval ! Comme si personne avant eux ne s’était posé la
question de savoir, quoi, dans la vie du cheval, pouvait améliorer sa santé et
ses conditions de vie. Et surtout de retourner à la face des professionnels du cheval
qu’ils ne font pas ce qu’il faut pour le bien-être du cheval. Or, les
professionnels du cheval, non dénués de savoirs, eux, n’ont fait que répondre à
une demande de consommateurs paresseux : paresseux d’aller chercher un cheval
au pré et dont le pansage prendra un temps certain, paresseux d’avoir le
matériel à un endroit, le cheval à l’autre et l’aire de travail encore
ailleurs… pressés, paresseux, vite, pratique, voilà ce qu’il fallait faire.
Et le consommateur a changé ! OUF !!! Enfin,
certains seulement … Respirons, sautons sur l’occasion, ré-ouvrons des paddocks
autour de toutes les écuries, créons un nouveau label de qualité (de vie des
équidés) pour les écuries de propriétaires… Ne restons pas coincés dans un
système obsolète, ressortons nos idéologies et nos convictions profondes sur la
vie du cheval telle qu’elle devrait l’être même si, les pieds sur terre, nous
savons n’être que des passionnés utopistes. En attendant, si les professionnels
du cheval ne s’étaient pas adaptés à la demande de consommateurs pressés et
paresseux, resterait-il encore beaucoup de chevaux pour le loisir, et le nombre
de cavaliers serait-il à l’heure actuelle si important ?
D’autres dérives encore à ce retour à la nature à tout prix…
l’homéopathie pour cheval, vous avez entendu parler ? Sous prétexte qu’il
faut se passer des produits industriels forts dosés, l’homéopathie est basée
sur l’administration de dose très faible d’un médicament conçu selon le
principe de similitude. Voilà le beau placébo, d’ailleurs les deux critères
importants pour le choix des produits et des doses sont l’état physique et
l’état psychologique du patient. Faut-il encore voir les humains se vautrer
dans l’anthropomorphisme pour essayer de deviner dans quel état psychologique
est un cheval ??? !!! Donc l’homéopathie n’a aucune efficacité sur
les chevaux et les vétérinaires en déconseillent l’usage même si les normes de
l’agriculture biologique restreignent l’usage de la médecine conventionnelle.
Dans les médecines alternatives, quelle place laisseront
certains à l’ostéopathie ? Créée elle aussi aux Etats Unis à la fin du
XIX, elle arrive en masse en France vers les années 60… Que ces manipulations
soient plus efficaces qu’un travail bien mené ? Selon quel critère ?
Celui de la rapidité de « guérison » ou celui de sa durabilité ?
Et quel est le plus important ? Savoir travailler correctement un cheval
ou avoir un bricoleur à portée de main pour réparer les dégâts d’un travail mal
mené ?
Les chevaux ne sont ni des joujoux, ni des nounours… Ne
soyez pas propriétaires d’un cheval si vous êtes économes, radins ou paresseux.
ET surtout respectez sa nature, qui n’est pas la même que celle d’un caniche
d’appartement.
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