L'Attelage Pédagogique

cheval 
©Laurence Grard Guenard

     La Difficulté de la tâche    pédagogie


L'objectif étant précisé, il faut que l'enseignant parvienne à le faire réaliser à l'élève. Pour ce faire, il met en place des situations d'apprentissages precises, et surtout il fait un véritable choix parmi un certain nombre d'exercices.
Le but n'est pas d'occuper des pratiquants, mais de leur faire atteindre un objectif réfléchi.

Définition :
Tâche motrice : travail déterminé qu'on a l'obligation de faire, travail imposé par soi-même ou par autrui.
"La tâche proposée à l'élève représente donc une prescription de l'enseignant, celle-ci représentant un certain nombre de contraintes volontairement mises en places pour déclencher l'apprentissage." (Famose)
Cette construction hypothétique  (la mise en situation, partie d'un programme) doit être potentiellement capable d'organiser l'activité vers le but.
On parlerait davantage de tâches et moins d'exercices. Ce renouvellement de vocabulaire mettrait en évidence l'importance de l'action de l'élève qui doit réaliser quelque chose qui représente un certain nombre de contraintes.

La difficulté choisie :
Si la tâche n'est pas assez difficile, elle n'engendre aucune progression, et risque de provoquer, au contraire, démotivation, voire même abandon.
Si la tâche est trop difficile, l'élève se retrouve en échec systématiquement, ce qui ne manque pas d'aboutir également à une démotivation certaine ou à l'abandon de la pratique.

Le choix de la tâche est important : elle doit être adaptée au niveau de réalisation psychomoteur de l'élève (enfant, adultes, handicapés ...).
Quand une tâche est résolue, l'enseignant propose d'autres tâches, présentant une gradation en difficulté : soit en demande énergétique, soit en degré d'exigences.
L'enseignant adapte le mode de présentation de la tâche selon le public et ses motivations : dans tous les cas, il doit y avoir une progression. Il y a donc forcément une individualisation de la tâche car l'enseignant doit faire évoluer chaque élève et entretenir toutes les motivations, et pas seulement celles des "bons élèves". L'individualisation de l'enseignement dans un cours collectif n'est pas une chose simple, mais c'est possible grâce à une évaluation de chacun d'entre eux.

Un problème adapté :
Il faut que l'élève soit confronté à un problème, mais il faut également qu'il arrive à le résoudre, et ceci, pendant la séance. La construction de la séance, en fonction du nombre d'élèves, et en tenant compte de la progressivité des "tâches" dans le temps imparti (cours d'une heure ou d'une heure et demi) est donc primordial.
De même, la "difficulté" ne veut pas dire que la tâche est forcément difficile : l'évaluation de la difficulté, bonne ou mauvaise, conditionnera le fait que la tâche soit juste ou non.

Définir une tâche :
- elle doit comporter un but, un état, une condition à atteindre, comme RESULTAT de l'activité : "être capable de conduire au trot"   " au galop"
- elle décrit les conditions qui accompagnent la réalisation du but : "sur des courbes larges" " sur un enchainement de courbes serrées" 
 "en conservant la même cadence" "dans une attitude rassemblée"...
- elle précise parfois, le comportement ou la procédure : "les deux guides dans une seule main"  "en menant au carré"...  
Avec de l'expérience, l'enseignant peut aisément faire évoluer le niveau de difficulté en faisant varier le but, les conditions ou les procédures. Il peut également s'adapter en cours de séance pour faire redescendre les objectifs sans sortir du thème abordé. Son programme doit être souple : l'enseignant expérimenté est une sorte de magicien avec plein de solutions dans son chapeau !

La prise de risque :
En augmentant la difficulté, on augmente la prise de risque. Cette prise de risque n'est pas toujours physique ni réelle. L'enseignant doit suffisamment bien connaitre ses élèves pour savoir jusqu'où il peut aller dans l'augmentation de la difficulté sans franchir la limite de chacun en fonction de la difficulté réelle et celle perçue par l'élève.

Le but est atteint quand la tâche est correctement réalisée, dans les conditions fixées et en respectant toutes les procédures. Jusque dans les années 1970, la valorisation passait par la notion d'effort et de dureté de chaque "épreuve". Les temps ont changé. Aujourd'hui on met l'accent sur l'individualisation, la progression selon le rythme de chacun, avec des risques calculés : plaisir et réussite développent un sentiment de compétences, soutenu par un discours positif, soulignant les acquis, puis les qualités à améliorer. La sérénité est recherchée à chaque étape pour atteindre une plus grande efficacité, qualité non négligeable en compétition.
L'enseignant s'appuie alors sur la pédagogie de la réussite.




Lire aussi :
La notion de progrès
L'évaluation
Enseignement collectif et individualisation

Bibliographie :